En 2010, le G20 s’est efforcé de conforter sa place de première enceinte de coopération économique internationale
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Dans un contexte de sortie de crise où certains auraient pu être tentés par le repli national et une coopération a minima, la présidence coréenne du G20 en 2010 a engagé cette transition du G20 vers une enceinte permanente renforcée de coopération économique. Les attentes étaient particulièrement fortes en matière de pilotage macroéconomique : les chefs d’État et de gouvernement ont travaillé à un premier plan d’action pour une croissance forte, équilibrée et durable, fondé sur des mesures nationales concrètes contribuant à la réduction des déséquilibres globaux. En particulier, les pays confrontés à des problèmes de finances publiques se sont engagés sur des mesures de consolidation budgétaire à la fois ambitieuses et adaptées aux circonstances nationales. Pour leur part, les pays présentant des excédents importants de leur balance des paiements ont accepté de mettre en œuvre les réformes permettant un rééquilibrage de leur modèle économique, dans un sens plus favorable aux leviers internes de la croissance. Enfin, les membres du G20 ont convenu de se mettre d’accord d’ici la fin du premier semestre 2011 sur des indicateurs de surveillance communs permettant d’anticiper et donc d’éviter la réapparition de déséquilibres globaux.
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Le G20 a également permis un accord historique sur la réforme du FMI. Cet accord global offre un cadre stabilisé pour les années à venir sur les quotes-parts, la taille et la composition du Conseil d’administration. Il tire toutes les conséquences des nouvelles réalités économiques et politiques mondiales, avec une place et, partant, des responsabilités considérablement renforcées pour les pays émergents. Les quatre principaux pays émergents (les BRIC) figurent désormais parmi les dix premiers actionnaires du Fonds ; la Chine passe du sixième au troisième rang ; le Brésil occupe la dixième place devant le Canada. C’est un grand succès pour le G20, qui a démontré sa capacité à tenir ses engagements dans les délais annoncés y compris sur des sujets qui le divisent ; c’est également un succès pour le FMI qui, sous l’impulsion du G20, a été radicalement transformé en dix-huit mois, que ce soit en termes de ressources et de capacités d’intervention (multipliées par trois), de modalités de prêts (réforme complète du cadre de prêts à destination des différents types de pays) et, désormais, de gouvernance.
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Enfin, des progrès significatifs ont été enregistrés sur le volet bancaire de l’agenda de régulation financière, avec un nouveau cadre prudentiel pour les banques dit « Bâle III ».
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Au cours de ces travaux, la France a défendu une conception ambitieuse du cadre pour une croissance forte, durable et équilibrée, ne se réduisant pas à une simple compilation de mesures nationales sans portée réelle pour l’économie mondiale. La France a joué un rôle central dans les négociations sur la réforme du FMI, tant en amont, étant directement impliquée dans les discussions internes au FMI, et en catalysant la définition des positions européennes sur les différents sujets, que lors de la négociation directe de l’accord final lors de la réunion du G20 Finances à Gyeongju.
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La France a également plaidé pour la mise en œuvre pleine et entière de l’agenda de régulation financière, alors que certains partenaires étaient tentés par une approche sélective. Elle a enfin rappelé avec constance que le renforcement de la stabilité financière ne doit pas se faire au détriment de la croissance : ainsi le nouveau cadre prudentiel des banques ne doit pas pénaliser la croissance dans les économies comme la France où les agents économiques se financent davantage auprès des banques plutôt qu’en recourant aux marchés.