Le G20 a montré sa réactivité et son efficacité pour limiter l’ampleur de la crise
4
Le G20 a été créé en 1999 pour faciliter la concertation entre les ministres de l’Économie et les gouverneurs de banques centrales des pays développés (du G7) et des grandes économies émergentes. Les réunions étaient annuelles, peu médiatisées, propices à des discussions informelles. La contrepartie de cette souplesse était l’absence d’engagements politiques forts pris par les États à l’occasion de ces réunions et une faible visibilité.
5
Dans un contexte de tensions financières exceptionnelles, le G20 s’est transformé en novembre 2008 en véritable enceinte de coopération économique, réunissant au plus haut niveau les grandes économies du monde. La France a soutenu ce mouvement, en étant à l’origine des réunions de Washington et de Pittsburgh. Elle s’est vue confier à Pittsburgh la présidence du G20 en 2011, de manière à unifier le calendrier des présidences du G8 et du G20. À la suite du sommet fondateur de Washington, les chefs d’État et de gouvernement se sont réunis régulièrement (à Londres en avril 2009, à Pittsburgh en septembre 2009, à Toronto en juin 2010) pour prendre des mesures coordonnées de soutien à l’économie mondiale :
• des plans de relance budgétaires massifs ont été adoptés pour soutenir l’économie mondiale (d’après le Fonds monétaire international, l’effort budgétaire des pays du G20 a représenté environ 2 points de PIB en 2009 et en représenterait 1,6 en 2010) ;
• les principales banques centrales ont pris des mesures exceptionnelles de politique monétaire ;
• les pouvoirs publics ont décidé de plans d’aide au secteur bancaire en fonds propres et en liquidité pour soutenir le financement de l’économie à travers les crédits aux entreprises et aux ménages ;
• les capacités d’intervention des institutions financières internationales, et notamment du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et des banques régionales de développement ont été renforcées afin de stabiliser les pays confrontés à la crise et de rétablir les flux internationaux de financement ;
• les États ont, enfin, écarté toute mesure protectionniste pour ne pas pénaliser le commerce international.
Le G20 s’est ensuite attaqué aux racines de la crise, à savoir les déséquilibres macroéconomiques et les carences de la régulation financière
6
La crise économique et financière a une double origine : l’accumulation de déséquilibres macroéconomiques mondiaux et les défaillances de la régulation financière. La crise a été provoquée par l’accumulation de risques dans le secteur financier que la régulation et la supervision des activités financières n’ont pas su prévenir, et qui ont conduit à une mauvaise tarification des risques. La crise a également pris racine dans l’existence de déséquilibres mondiaux, certains pays ayant accumulé de larges excédents de transactions courantes (en Chine par exemple), d’autres de forts déficits (comme les États-Unis).
7
L’action du G20 a donc consisté à (i) renforcer la coordination des politiques économiques en décidant le lancement d’un mécanisme d’évaluation mutuelle appuyé sur un « cadre pour une croissance forte équilibrée et durable », processus visant à définir les engagements nationaux de politique économique susceptibles de réduire les déséquilibres macroéconomiques et renforcer la croissance mondiale ; et (ii) renforcer la régulation du secteur financier sur de multiples aspects (rémunération des intervenants des marchés, paradis fiscaux, régulation des banques, supervision des marchés financiers…) afin de corriger les incitations à une prise de risques excessive, lutter contre les comportements de moins-disant réglementaire et éliminer les failles dans le système international de contrôle du secteur financier.
8
Les réponses coordonnées de politique économique du G20 ont permis de limiter l’ampleur de la crise. Les conséquences économiques de la crise ont été lourdes en termes de croissance, d’emplois et de dégradation des finances publiques, mais l’action concertée du G20 a permis d’amortir les chocs et de rétablir la confiance plus tôt que ne le prévoyaient les analystes.